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Petit séjour dans le Soissonnais

Publié le par anthropohumanisticienne critique

Dans le cadre d’un stage de terrain avec des Master 2 de l’Université de Picardie Jules Verne, nous sommes partis à neuf (six étudiants et trois accompagnatrices) dans le Soissonnais afin d’y avoir un aperçu de l’activité des passionnées d’histoire et de patrimoine.

L'équipe au grand complet

L'équipe au grand complet

Pour nous loger, la ferme de la Montagne à Ressons le Long. Solange Ferté nous a accueilli dans son gîte. Cinq chambres, une cuisine, un énorme salon et une pièce dans laquelle trône une énorme cheminée. Enorme, la ferme l’est aussi, avec ses nombreux corps de bâtiments (écurie, bergerie, laiterie, étable, distillerie) qui révèlent une partie de leur histoire à qui les visite. Non, ce n’est pas Game of Thrones, mais une partie d’une ferme fortifiée. Cette ferme, construite au 13ème siècle, dépendait à l’époque d’une abbaye, Notre Dame de Soissons. Elle est actuellement inscrite aux monuments historiques et propose un gîte pour les groupes et une maison d’hôtes. Une horloge dans la cour, arrêtée, achève de donner un certain charme à cette demeure.

Non loin de la ferme, des carrières d’extraction de pierres, dans lesquelles les soldats de la Première Guerre mondiale ont laissé des traces, des sculptures et des gravures.

La ferme de la Montagne

La ferme de la Montagne

Le salon

Le salon

La cheminée qui accueillait nos réunions

La cheminée qui accueillait nos réunions

L'horloge

L'horloge

Dans les carrières, des traces de soldats français. Un cheval...

Dans les carrières, des traces de soldats français. Un cheval...

Et un cochon avec un casque à pointe

Et un cochon avec un casque à pointe

Mais nous n’étions pas là que pour profiter de la cheminée. Au programme, visites et rencontres de personnes impliquées dans la valorisation du patrimoine local.

 

Première étape,  la Société Archéologique, Historique et Scientifique de Soissons. Depuis 1847, les membres de cette société savante s‘intéressent à l’histoire locale. Ayant peu a peu délaissé la science et l’archéologie, les membres se passionnent pour leur localité et proposent des exposés et des articles faisant pas des résultats de leurs recherches. Un bulletin trimestriel donne aux adhérents (plus de 200) des nouvelles des activités de la société, tandis que les Mémoires proposent, tous les quatre ans, des articles de fonds.

Nous avons rencontré le président de cette société, Denis Rolland, dans les locaux dont la bibliothèque témoigne des longues années d’accumulation et de publications.

L'équipe dans les bureaux de la Société Historique de Soissons

L'équipe dans les bureaux de la Société Historique de Soissons

Nous continuons notre découverte de Soissons avec une adhérente de la Société Historique, aussi présidente de l’association Anima Théatri. La quarantaine de membres de cette association créée en 2013 a pour but de rendre vie et âme au théâtre romain de Soissons, actuellement enseveli sous le parc d’un lycée. Ce théâtre a fait l’objet de plusieurs débuts de fouilles depuis le 19ème siècle, date de sa découverte. Mais ces fouilles ont toujours avorté, et le théâtre se trouve toujours bien protégé sous terre. Ces fouilles sommaires ont permis de révéler la grande taille (144 mètres de diamètre) de ce théâtre adossé à flanc de colline. Toujours en quête de subsides afin de mener à bien des fouilles en bonne et due forme, les membres de l’association entendent rappeler aux Soissonnais que le théâtre romain n’est pas qu’un nom de rue. Leur objectif est d’en faire un lieu à nouveau animé, pourquoi pas sous la forme d’un théâtre de verdure.

Afin de découvrir les inédits de Soissons, nous prenons rendez-vous avec une greeter, Marité Pertuis. Dans un brouillard épais et par un froid cinglant, nous faisons une visite insolite de Soissons : passage par la passerelle des Anglais (à l’époque en passe d’être démolie en vue d’en construire une nouvelle plus large), mention du théâtre romain, incartade dans l’abbaye Saint-Jean-des-Vignes, aperçu de la nouvelle cité de la musique face à l’abbaye, visite du vieux Soissons (celui que les touristes ne voient pas habituellement), description des façades art déco de la ville qui datent de la reconstruction, visite du monument évoquant le vase de Soissons, entrée dans la cathédrale. Marité, installée depuis plus de 20 ans dans cette ville, aime son aspect historique et, plus que tout, les petites anecdotes et les légendes qui survivent aux lieux et restent dans la mémoire collective.

L'abbaye Saint-Jean-des-Vignes sous le brouillard

L'abbaye Saint-Jean-des-Vignes sous le brouillard

Cathédrale de Soissons

Cathédrale de Soissons

Evocation du vase de Soissons et de Clovis

Evocation du vase de Soissons et de Clovis

Autre greeter, autre lieu : la ferme de Montgarny à Margival. Pierre Commeine, de retour dans son pays d’enfance, s’est pris de passion pour cette ferme dont il a fait la monographie. En plus d’organiser des journées de reconstitution de la Première Guerre mondiale dans la ferme, il propose des visites mêlant histoire de la ferme et de la famille qui en est propriétaire, et anecdotes. Je ne vous en dis pas plus, ce petit film tourné sur place vous donnera un petit aperçu.

Ferme de Montgany vue d'hélicoptère (photo: Pierre Commeine)

Ferme de Montgany vue d'hélicoptère (photo: Pierre Commeine)

Finalement, nous avons fait le tour, ou presque, de la question du haricot de Soissons. Ce haricot, le plus gros de France, était tombé dans l’oubli depuis la fin des années 1960. Quelques particuliers en avaient continué la production, pour consommation personnelle, dans la vallée de l’Ailette. L’origine précise de ce haricot n’est pas connue. Selon une première légende, des habitants de Soissons ayant fui la ville (en raison de combats ou de peste selon les versions) auraient laissé tomber des haricots lors de leur départ, haricots qui auraient poussé durant leur absence, et dont ils auraient pu se nourrir à leur retour. Selon une seconde légende, c’est un guetteur posté en haut de la tour de la cathédrale qui aurait, au 19ème siècle, fait pousser des haricot pour rompre son ennui. Par contre, il n’y a que peu d’information sur l’origine de ce haricot qui viendrait, semble-t-il d’Espagne.

Dans les années 1990, sous l’impulsion de Yana Boureux, un renouveau du haricot débute. C’est tout d’abord le haricot bonbon qui est remis à l’honneur, car nul besoin d’attendre qu’il pousse. Le haricot légume est ensuite à nouveau cultivé par des maraichers (comme les Jardins de Pontarcher) et les membres de la coopérative du haricot de Soissons, qui consacrent une partie de leurs terres à la culture de ce haricot ensuite mangé en apéro, en plat principal, ou en soupe. Ce haricot demande beaucoup de travail manuel, rien dans sa culture et son traitement après cueillette n’étant mécanisé (récolte et tri à la main).

La Confrérie gastronomique du haricot de Soissons le met également à l’honneur lors d’une fête annuelle. N’ayant pas été organisée depuis 2009, la fête du haricot fera vivre la ville de Soissons le dernier weekend de septembre en 2015.

Haricots prêts à être consommés

Haricots prêts à être consommés

Tri des haricot à la main

Tri des haricot à la main

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