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Collecte en forêt - Trong Svay

Publié le par anthropohumanisticienne critique

Mardi 3 juin. Une famille du village de Trong Svay accepte que nous la suivions en forêt. Le mari et sa femme partent collecter des végétaux afin de les vendre le lendemain au marché de Banlung. La femme vend presque tous les jours au marché ou au village, car la famille a besoin d’argent pour la scolarité des enfants et pour acheter une nourriture différente (sel, viande,…). Ils ne mangent pas leur récolte, sauf ce qui ne peut être vendu (trop petit) et ce qui n'a pas été vendu. 

Le mari et la femme vont en forêt dès qu’ils ont du temps libre. Ils essayent d’y aller une fois par semaine. Mais quand ils sont occupés au champ ou à la rizière, ils vont une fois par mois. Tout dépend du calendrier agricole. 

La femme ne veut pas aller en forêt aujourd'hui, car elle pense que beaucoup de gens sont déjà venus collecter les pousses de bambou. Mais le mari insiste. Nous partons à 9h00 à pied du village, après avoir pris un repas assez copieux, et arrivons à la forêt 15 minutes plus tard. La femme porte un panier en bambou (kapha) dans lequel elle a mis deux petites machettes, un krama (pièce de tissu), une bouteille d'eau et un pied de biche. Elle ne va jamais seule en forêt, son mari l'accompagne toujours (ce n'est pas le cas cette fois-ci, mais nous sommes trois). Elle a en effet peur des "étrangers" (travailleurs des plantations d'hévéas et autres travailleurs saisonniers étrangers à la région). 

La forêt est en fait d’un sentier, très clairement marqué et emprunté de nombreuses personnes, qui longe une plantation de cajou. Beaucoup de gens viennent y chercher des pousses de bambou. Les bambous, même s’ils sont situés dans la plantation, sont accessible à tous, mais les gens ne peuvent pas prendre les noix de cajou. 

Le sentier en forêt

Le sentier en forêt

La forêt

La forêt

Marcher en forêt

Marcher en forêt

Nous cherchons surtout des pousses de bambou. Pour ce faire, la femme s’accroupi au pied des « touffes » de bambou, et gratte le sol avec le pied de biche. Une fois la pousse repérée, soit elle creuse autour (si la pousse est enterrée), soit elle la dégage avec une petite machette (si la pousse est au milieu des bambous). Elle casse ensuite la pousse avec le pied de biche et la met dans son panier (kapha). Elle collecte aussi les feuilles (krang, bromoy damrey), mais ce qui l’intéresse, ce sont les pousses de bambou, car elles coûtent plus cher à la vente. 

En effet, les pousses de bambou coûtent 5,000 riels (1.25$) le kilo en saison sèche, et 2,500 riels (0.65$) le kilo en saison des pluies (actuellement). Il y a donc des pousses de bambou toute l’année. Les indigènes collectent surtout durant la saison sèche, car ils ont peu de travail aux champs, au moment où les pousses de bambou sont les plus chères, mais aussi plus rares. 

Le mari nous rejoint et aide beaucoup pour récolter les pousses de bambou. Le mari et sa femmeessayent surtout de prendre des grandes pousses de bambou, plus facilement vendables. Ils peuvent rester quelques heures en forêt (de 9 à 15h), mais cette fois, il n’y a pas beaucoup de pousses, et nous y restons de 9h à 10h45. Nous arrivons alors à l’autre bout de la plantation de cajou, au bord d’une route. 

Nous traversons la route et collectons, à 4, des feuilles "sbay rieng". Les Khmers en raffolent avec les nouilles. 

Collecte de pousses de bambou

Collecte de pousses de bambou

Pousse de bambou

Pousse de bambou

Récolte de pousses de bambou

Récolte de pousses de bambou

Collecte de feuilles en forêt

Collecte de feuilles en forêt

Feuilles de sbay rieng

Feuilles de sbay rieng

Nous prenons le chemin de la rizière, où la famille possède un jardin. Ils vont y terminer la collecte.  Pour y arriver, nous traversons une rivière sur des cailloux. La femme laisse les pousses de bambou et les feuilles collectées, ramassées dans un krama, sur un rocher près de l’eau. Elle les a auparavant trempées dans l’eau afin de les protéger de la chaleur. 

Le mari et la femme collectent de la citronnelle, du piment, des haricots longs (sondeak kour), de la coriandre (chi vansouy), des feuilles de margosse et des margosses. Ils ont aussi des citrouilles et des petits manguiers. Le mari mange des haricots longs en les récoltant.

Une fois la récolte terminée, le mari et la femme lavent la récolte à la rivière. Ils enlèvent les mauvaises feuilles de citronnelle et coupent le dessus vert afin de faire des bottes de 40 cm. Ainsi, 10 pousses de citronnelle coûtent 2,500 riel au marché. 

Collecte en forêt - Trong Svay

Le mari prend une partie de la récolte sur sa mobylette (citronnelle et pousses de bambou), et nous rentrons à pieds au village. 

Il est 13h40 quand nous arrivons à leur maison. 

Le mari et la femme disposent la récolte pour la nuit dans leur réserve. La femme dispose toutes les feuilles sur un sac (karung) et les couvre avec un krama mouillé, afin qu’elles restent humides. Elle dispose les haricots long dans un grand plat en osier (chang eh) et les pousses de bambou sont dans un panier en plastique. 

Sur le chemin du retour

Sur le chemin du retour

Les feuilles prêtes à passer la nuit au frais

Les feuilles prêtes à passer la nuit au frais

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