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Quand l'exotique n'est pas quotidien...

Publié le par anthropohumanisticienne critique

« Nous allons à la banque, nous serons de retour dans trente minutes »., dit Annick, la manager d’Annâdya. Et nous voilà parties à Acleda Bank, au centre ville. Le distributeur automatique est hors service. Pas le choix, il faut retirer de l’argent à l’intérieur : la carte bancaire Acleda Bank ne fonctionne que dans cette banque.

Un garde nous accueille à l’entrée, demandant ce que nous désirons. Annick répond, en Khmer, que le distributeur est en hors service et qu’il lui faut retirer de l’argent au guichet. Le garde répond que c’est possible, et nous donne un ticket.

Nous prenons place dans la salle d’attente, quatrième rangée de sièges bleus en plastique. Un écran affiche le numéro des tickets et le guichet où se rendre. Visiblement, les numéros 30, 31, 32, 33 sont tous au guichet 10. Soit. J’observe la salle. Il y a 13 guichets, tous tenus par des femmes. Les clients, au lieu de signer, trempent leur pouce dans l’encre et l’applique à deux reprises sur le document fourni par la guichetière. La porte d’accès aux guichets ne semble pas sécurisée. Les clients comptent leurs billets au vu et au su de tous. Je me souviens que le rapport à l’argent n’est pas le même dans ce pays : les commerçants exhibent des liasses de billets en rue, et mettent souvent leurs billets dans une armoire vitrée,  au vu de tous, armoire fermée à clé bien évidement.

Quatre personnes se sont levées et se sont rendues à un guichet depuis notre arrivée, et les numéros à l’écran n’ont pas bougé. Je demande à Annick quel est notre numéro : 50. Le garde nous fait comprendre que le prochain guichet qui se libère, c’est à nous. Annick s’attend à ce qu’il vienne nous chercher pour nous y conduire. Elle n’apprécie pas trop de passer avant tout le monde juste parce qu’elle est étrangère. Elle pense que les Cambodgiens sont furieux d’une telle faveur. En attendant, deux guichets se libèrent, et le garde ne vient pas…

Arrive une employée d’Annâdya, chargée des finances. Elle vient faire un transfert d’argent. Elle s’assied à côté de nous et déclare avoir le numéro 52. Annick lui demande pourquoi les numéros affichés à l’écran ne changent pas. Elle répond ne pas savoir. Nous attendons quelques minutes. Bizarrement, les gens, dès qu’ils voient qu’un guichet se libère, se lèvent et s’y rendent, un à la fois, dans le calme et la bonne humeur. L’employée nous explique alors qu’il n’y a pas de tour attribué : les tickets ne servent à rien. Il faut, quand un guichet se libère, se lever et y aller. Le premier levé, le premier servi. Annick demande si cela ne rend pas les gens furieux de passer avant eux. Si, bien entendu, mais il faut qu’ils se lèvent plus vite.

Nous allons donc nous asseoir au premier rang. Les Khmers, connaisseurs du système, anticipent la libération d’un guichet, se lèvent, et parfois même attendent à côté du client précédant, sans le connaître. La partie de complique. Je pense à un jeu de fête foraine : des visages qui ouvrent la bouche et la referment, et il faut envoyer une boule dans leur bouche, ce qui n’est, à la pratique, pas si évident. Annick se lève donc et s’installe derrière un guichet occupé par un homme à chemise blanche. Dès que l’homme se lève, une femme en pull bleu se précipite, mais Annick lui faire comprendre que non, c’est son tour à elle. Pendant ce temps, l’employée a demandé à une guichetière de faire son transfert, alors même qu’un homme est occupé à ce guichet. Quelques minutes plus tard, ce client appelle l’employée : le transfert est terminé, elle peut partir. Arrivée après nous, elle repartira avant nous…

Annick prend son argent (et non, elle signe au lieu de tremper son pouce). En sortant, les distributeurs d’argent sont à nouveau ouverts…

 

La veille, je passe dans une épicerie, celle où j’ai l’habitude d’aller au centre ville, afin d’acheter des yaourts. Enfin ce qui ici, sert de yaourt. De marque Vinamilk, une compagnie alimentaire vietnamienne, les Probi sont des yaourts aromatisés à la fraise, aux fruits exotiques, à la vanille, et nature. Il ne reste, dans le frigo, qu’une quinzaine de yaourts. Pas un seul nature ni à la vanille… Je choisis, à contre cœur, des yaourts aux fruits exotiques… Juste avant de payer, je regarde le dessous des yaourts, où est notée la date de péremption : 24 avril 2014. Retour vers le frigo, où je ne trouverai, au mieux, que des yaourts périmés depuis le 10 mai. C’est finalement à l’épicerie de la pompe à essence Tela que je trouverai mon bonheur. 

Il ne manque que le vanille (pourtant le meilleur...)

Il ne manque que le vanille (pourtant le meilleur...)

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Edith 31/05/2014 06:38

Tu es certaine qu'ils inscrivent la date de péremption et pas celle de fabrication? En Jordanie, c'est ce qu'ils font... Une canette reste bonne 1 an après la date indiquée. J'ai douté de l'explication et vérifié plusieurs fois et c'était juste.

Manon 31/05/2014 07:05

Bonne idée, mais sur ces yaourts, c'est bien clair. Il y a une date de fabrication (28/03/2014) et une date de péremption (10/05/2014). Pas de doute possible...