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Alimentation au village

Publié le par anthropohumanisticienne critique

Au sein du menu quotidien des villageois, le riz occupe la place principale, et est consommé à tous les repas. Au village, pas de petit-déjeuner sucré suivi de repas plutôt salé : tous les repas sont salés, et pimentés. Ainsi, le riz est consommé avec en accompagnement poisson (poisson chat,...), viande (poulet, porc, animaux de la forêt), prahok (poisson fermenté), légumes (aubergines, courges, choux, feuilles récoltées en forêt...) et quand les temps sont plus difficiles, riz avec sel et piment. Il ne faut pourtant pas se leurrer, les quantités d'accompagnement sont généralement petites. Par example, 500 grammes de porc pour deux repas, tel est l'apport en viande d'une famille de 6 personnes. Ou encore, un gros poisson chat pour 10 personnes, en un ou deux repas. 

Le riz lui est généralement abondant : les membres d'une familles ont en moyenne 250 à 350 grammes de riz par jour. Une boite de lait concentré sert de mesure aux familles pour compter le nombre de "kompong". Cette boite contient 250 grammes de riz sec. 

Il y a deux modes de cuisson du riz : le bouillir, à la khmer, dans une casserole, ou le cuire à la vapeur, à l'indigène, dans un panier tressé. Afin de le conserver d'un repas à l'autre, le riz est placé dans une casserole ou dans un panier tressé (smok). Les autres aliments sont grillés, fris ou bouillis

Le riz est cultivé soit à la ferme, à savoir dans une zone relativement plate où l'irrigation est aisée, soit au chamkar, un champ situé dans les collines. Il existe de nombreuses variétés de riz, spécifiques à la ferme ou au chamkar, et récoltées à des périodes différentes de l'année. Cependant, il arrive souvent que le riz récolté ne suffise pas à une famille pendant un an. Celle-ci se voit alors obligée d'acheter du riz. Un sac de 50 kilos de riz coute environ 4 dollars. 

Cuisson du riz

Cuisson du riz

Conservation du riz dans le smok

Conservation du riz dans le smok

Alimentation au village

Avant de préparer et de consommer les aliments, il s'agit de s'approvisionner. Pour cela, il est possible de faire les courses au marché. On y trouve de tout (viande, poisson, légumes, épices et denrées non alimentaires). Il faut cependant s'y rendre (en mobylette ou à pied, pour parfois plus de 40 minutes de route) et y dépenser de l'argent, que les populations indigènes n'ont pas en grande quantité. A moins de devoir acheter en grandes quantités ou de vendre au marché, lesvillageois se déplacent peu au marché. Ils préfèrent acheter au village, au magasin ou aux marchands ambulants (généralement des Vietnamiens), qui vendent les aliments nécessaires. 

Les villageois vont également se fournir dans la forêt, que ce soit pour la chasse (souris, serpents, écureuils), la récolte de feuilles et plantes, ou la pêche. 

Enfin, les villageois cultivent des légumes dans leur potager près de la maison, au chamkar, ou à la ferme. La culture de légumes est cependant difficile en saison sèche au vu du manque d'eau. Les aliments de la forêt et les quelques légumes de saison sèche (aubergine, choux) constituent les principaux accompagnements en saison sèche. 

Récolte de feuilles en forêt

Récolte de feuilles en forêt

Magasin de village

Magasin de village

Magasin de village

Magasin de village

Etal au marché

Etal au marché

Réparation du filet de pêche

Réparation du filet de pêche

Les femmes préparent généralement la nourriture. Elles y passent de une à trois heures par jour, en fonction du nombre de tâches à effectuer : piler, couper, laver, cuire. Le riz est le plus souvent pilé à la machine, mais d'autres ingrédients (piment, ail,...) le sont encore manuellement. 

Les hommes ne cuisinent que si leur femme est occupée à la ferme ou au champ (ou rend visite à des amis), et qu'aucune des filles ne peut cuisiner. L'apprentissage de la cuisine commence très tôt, et se fait principalement par observation et reproduction. 

Le repas se prend en famille. Les femmes s'occupent de mettre la table et d'appeler les autres membres de la familles : "nyam bay" en khmer, mais cette phrase est traduite dans chaque langue locale, et déclinée selon que l'on s'adresse à des enfants, des adultes, ou des aînés. 

Tout le monde se regroupe autour du plat comun (les accompagnements) et dispose d'une assiette de riz. Les adultes servent les enfants afin que ceux-ci ne gaspillent pas le riz. Parfois, les enfants mangent séparement, afin de ne pas gêner les adultes (les enfants sont turbulents et se disputent pour un bout de viande), et parce qu'ils mangent une nourriture différente, sans piment. Les bonnes manière à tables sont : manger assis (accroupi pour les femmes, les jambes croisées - position d'indien - pour les hommes), avec sa cuillère ou la main (préalablement lavée), en silence (seules sont admises les discussions entre adultes sur les travaux à effectuer, la quantité de nourriture qu'il reste,...), et sans se déplacer. Aussi, les villageois boivent de référence après le repas, de l'eau du puits ou de la rivière qu'ils ont fait bouillir ou non. 

Une fois le repas terminé, les femmes débarassent, font la vaiselle (un bac d'eau sur une table non loin), préservent les restes pour un repas futur ou donnent les restes aux animaux (chiens, poulets et cochons) 

 

Repas des enfants dans la maison

Repas des enfants dans la maison

Repas en famille sous la maison

Repas en famille sous la maison

La boisson principale est l'eau : du puits, de la rivière ou de pluie en saison des pluies. Les villageois boivent aussi des jus (d'orange, de noix de coco, de soja), du café, et des boissons alcolisées comme la bière, l'acool de jare (de fabrication locale) et l'alcool de riz. Les boissons alcolisées sont réservées aux fêtes et cérémonies. 

 

Eau potable de source

Eau potable de source

Eau non potable à la même source

Eau non potable à la même source

Eau de rivière

Eau de rivière

Puits collectif

Puits collectif

Enfin, entre les repas,  les enfants, mais aussi les adultes, sont friands de goûters : biscuits, gâteaux, fruits (mangue, banane, orange), pain et jus sucrés ou énergétiques. Cependant, il faut disposer d'argent afin de s'offrir ces goûters, ce qui n'est pas à la portée de tout le monde. Dans certaines familles, s'il n'y a pas d'argent disponible pour que les enfants achètent un goûter à l'école, ces enfants ne vont pas à l'école...

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