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Voyage de Phnom Penh à Siem Reap en bateau, et le retour en bus

Publié le par anthropohumanisticienne critique

Bien que déconseillé par les guides touristiques pour être plus cher et plus long que le bus, ce trajet en bateau vaut la peine, du moins pour les touristes dont le bateau est remplis au neuf dixièmes. Il est d’ailleurs à parier que la forte concurrence du bus empêche toute flambée des prix d’un moyen de transport prisé par les touristes. Il faut en effet compter 35$ pour 5h30 de bateau, 6$ pour 8 heures de bus public et 13$ pour 6 heures de bus express. Seul conseil pour prendre le bateau : s’enduire de crème solaire, et prendre un petit pull, car le vent est frais et le soleil tape tout au long des 250 kilomètres qui séparent les deux villes.

 

Le bateau permet de faire découvrir de nombreux paysages, de se sentir explorateur et non routard. Les berges sont ponctuées de villages composés de maisons flottantes et de maisons sur pilotis. Parfois, une mosquée se dresse au milieu du village. Les hommes sont occupés sur des bateaux de pêche et des dispositifs pour filets de pêches. Les femmes lavent le linge ou préparent à manger. Les enfants nous font signe. 

Vue de Phnom Penh au départ

Vue de Phnom Penh au départ

Maisons sur pilotis

Maisons sur pilotis

Filet de pêche

Filet de pêche

L’arrivée est pour le moins surprenante. Après avoir navigué pendant près de deux heures sur le lac Tonlé Sap, le bateau s’engage dans une branche de rivière et passe par un village flottant, Chong Kneas, où il accoste à même la terre. L’embarcadère change dès lors de place en fonction de la saison, ainsi que le village.  Ce village est actuellement envahi par les touristes : lors de notre passage, les petits bateaux de visite se suivaient…

Village flottant

Village flottant

Pour le retour, le Mekong Express Limousine bus, parcourt les 350 km en 7h, avec climatisation, snack, eau  et toilettes, pour 12$. Une pause déjeuner est prévue dans un routier vers midi (pour le départ à 9h45), et des films sous titrés en anglais sont diffusés tout au long du voyage. D’autres compagnies sont moins chères.

Le bus passe par de nombreux « boui boui villes », où l’ont trouve des étals de nourriture variés, une pompe à essence, une banque, un dispensaire, un poste de police,.. Le reste du temps, le paysage alterne entre des champs de fourrage, où paîtrent vaches (souvent maigres)  et buffles, et des rizières, des zones inondées et marécageuses,  et des maisons sur pilotis. Les pilotis sont en bois ou en béton. Le corps de logis est situé au sommet de ces pilotis, et est en treillis de palme ou en bois pour les plus riches. Un escalier en bois ou en béton mène à cet étage. Le toit est en treillis de palme, en tôle ou en tuile. Le niveau au sol est soit invisible car enclos dans des murs en béton, soit à l’air libre et en terre. Cochons, poulets, chiens débonnaires et chiennes aux mamelles pendantes y cherchent de l’ombre. Les humains y entreposent une table en bois, un hamac ou un lit, et les réserves d’eau et de nourriture dans des jarres (même modèle de jarre mais tailles différentes).  A l’avant de la maison se trouve une meule de fourrage,  une réserve de bois pour le feu, une petite construction servant à stocker la nourriture (comme le riz), et un puits.  Les maisons sont souvent entourées d’un enclos en bois, et regroupées par deux ou trois. La maison se trouve à environ 10 mètres de la rue, et des arbres (palmiers, cocotiers,…) apportent une maigre ombre au logis. 

Maison sur piloti

Maison sur piloti

Maison avec meule

Maison avec meule

Rizière

Rizière

La route quant à elle est défoncée, voire inexistante : il s’agit alors d’une piste. En cause, l’élargissement de cette nationale. Cela dit, bonjour l’état des pneus… Actuellement, cette route est à 2 bandes (mais 4 en pratique). Un concert de klaxon permet à chacun de circuler sur la route, où l’on dépasse des motoculteurs tirant une remorque chargée de marchandises, des camionnettes bondées de personnes et de marchandises, des vélos, des 4x4, des camions transportant du bois, des mobylettes dont les chauffeurs ont troqué le casque pour le masque (il n’y a de toute façon qu’une lettre de différence) tant l’air est pollué.

 

Sur le bord de la route, des enfants en uniforme sont sur le chemin de l’école. D’autres jouent. Des familles font sécher du poisson et de la viande au soleil. Le poisson est coupé en filets et est disposé au soleil sur une structure en bois dont les lattes sont en bis ou en métal. Le tout ressemble à un sommier de 1,2 mètres de large sur 2 mètres de long. Les déchets sont aussi assez nombreux, souvent regroupé près d’un point d’eau ou à la sortie de la ville. A Phnom Penh, une compagnie, Cintri, s’occupe du ramassage des poubelles. Depuis dimanche 2 février, les éboueurs sont en grève : ils réclament une augmentation de salaire (ils gagnent actuellement 100$ par mois pour les mieux payés, et demandant 150$ par mois) et de meilleures conditions de travail (congé les jours de fête nationale,…). Je vous laisse imaginer l’état et l’odeur des rues, sachant qu’il fait tous les jours près de 30 degrés…

Grève des éboueurs à Phnom Penh

Grève des éboueurs à Phnom Penh

Commenter cet article

Marine 22/04/2015 22:28

Bonsoir !

D'abord, MERCI pour cet article très clair sur les transports entre Siem Reap et Phnom Penh. Est-ce que le bateau s'arrête à Kompong Chnang ? Si oui, est-il possible d'en reprendre un en route plus tard ?

Merci d'avance,

Bien cordialement.

Marine